lundi 17 mars 2014

Manaus, porte d'entrée de l'Amazonie

Nous n'avons pas disparu, mais il faut bien dire qu'avec une connexion internet plutôt poussive qui ne fonctionne que devant la porte de la chambre, ou dans la salle de bains et un voltage à 110 qui recharge la batterie très lentement... je peine un peu!
Je vous avais laissés alors que nous partions pour Manaus, centre du Brésil et de l'Amérique du Sud, à 4 heures de vol de Brasilia :



Il ne faut jamais rester sur une mauvaise impression, et on peut dire que Manaus ne nous a pas séduits au premier passage... Une petite pluie fine, les rues envahies par un marché bruyant, ont concentré notre attention sur les immeubles rongés et noircis par l'humidité omniprésente.
De 2400 à 10.000 mm d'eau par an c'est énorme, comparés à nos 600 mm  de moyenne, qui nous semblent déjà insupportables!
Mais, le lendemain, il faisait assez beau, quand nous avons commencé notre périple pour rejoindre notre lodge, à 150km de là :
D'abord, le bateau :





grâce auquel nous avons pu constater ce phénomène étrange de deux fleuves qui se rencontrent mais qui ne se mélangent pas avant 12 km de chemin côte a côte... l'un est bleu, c'est le Rio Negro, et l'autre boueux, c'est le Solimoes. Ils n'ont ni le même débit, ni la même température et donnent ce spectacle surprenant, avant de se fondre finalement et devenir l'Amazone


L'Amazone est de loin, le fleuve au débit le plus élevé de la planète, et c'est aussi le plus long avec le Nil.

Apres une heure de bateau, nous avons poursuivi en voiture pendant une autre heure, pour rejoindre un autre bras d'eau. Nous avons pu ainsi voir de vieux bateaux recyclés en bateaux de croisière



et constater qu'a partir de là, on ne ne se déplace qu'en bateau même quand on est un chien ...































A 3 heures de Manaus, nous avons atteint le lodge 










La vie sur pilotis est un peu bizarre, on a toujours l'impression de "tanguer"..



















et découvert notre nouvel habitat, très confortable,si on omet un tout petit détail toutefois : pas d'eau chaude ici, Et même si on transpire beaucoup, avec plus de 30°, et une humidité omniprésente, on ne s'y habitue pas... C'est très déplaisant de mettre la tête sous l'eau froide.
Côte repos, c'est parfait, la forêt n'est pas aussi bruyante qu'en Afrique :

















Juste quelques habitants de la forêt, tout a fait fréquentables :




















Même si un petit alligator s'est installé sous notre habitation... Ces charmantes petites bêtes atteignent quand même les 7 mètres... Nous n'avions que le format réduit!
On a bien rencontre quelques moustiques, mais on a évité anacondas, jaguars, tarentules dont on n'a vu que les terriers, vipères et a l'exception de quelques piranhas que nous avons eu bien du mal a attraper, tous les animaux dangereux nous ont évités...

Avec un temps aussi superbe qu’inespéré, nous avons exploré les bras d'eau avoisinants








et aussi cet "enfer vert"  mystérieux, qui sous une pluie battante, parait impénétrable






Heureusement qu'un déjeuner réconfortant nous permet aussi de sécher, et d’évacuer les fourmis que les protections en caoutchouc pour les serpents, le pull a manche longue, le kway et le pantalon long n'avaient  pas dissuadées de pénétrer dans mes chaussettes pour remonter, et me piquer...






Nous avons aussi rendu visite a des "natifs" dont nous avons pu constater que la vie est loin d’être facile.
Comme nous a dit notre guide, la natalité a baissé dans ces familles... De 10 on est passe a 9 enfants en moyenne!  Tous scolarisés dans des écoles en bordure de fleuve, au frais du gouvernement qui fournit les ramassages, les uniformes, les livres et autres matériels scolaires.
Les maisons ne font pas rêver, même si il y a télévision et internet quand elles sont équipées d'électricité. Par contre, pas d'eau courante!
On se partage culture du manioc, base de l'alimentation brésilienne, légumes variés, élevage des poulets et des porcs, pêche ainsi que collecte du caoutchouc... Les femmes héritant bien entendu des taches ménagères habituelles!



un "fruit" se présentant comme une gousse de vanille, délicieux, parait-il


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 La "maison du manioc" dont on extrait des farines de différentes qualités










le champ de manioc



les tomates et les herbes aromatiques, en hauteur, pour éviter les animaux



Et dans ce milieu hostile, un superbe chat siamois..
















Et puis, nous sommes donc revenus à Manaus, et là bonne surprise, sous le soleil. C'est une ville énorme de 2,5 M d'habitants.
Son âge d'or a commencé avec la récolte du latex dans la 2éme moitié du XIXème siècle, et l'argent rapidement gagné.. Les capitaux affluent et la ville s'est développée à un rythme frénétique.
Malheureusement pour Manaus, l'hévéa implanté en Malaisie et en Indonésie supplantent bientôt la production et Manaus décline..
Des traces de cette splendeur subsistent, et c'est notamment le théatre :






















Et de beaux bâtiments coloniaux, restaurés actuellement, qui donnent une impression de richesse retrouvée, due en partie à la décision de transformer cette ville en "zone franche" pour les entreprises, permettant  notamment l'installation d'un constructeur de motos japonaises, employant plus de 15.000 salariés.
























Ici, c'est aussi le paradis de l'électronique sous toutes ses formes dans des centaines de commerces, mais les prix ne sont plus très attractifs, la zone franche ayant été supprimée pour les particuliers qui venaient tous faire leur "marché" a Manaus, faisant perdre à l'état les recettes de TVA...
Manaus compte en plus de son activité industrielle retrouvée, sur le développement de l'ecotourisme, sous forme de croisières sur,l'Amazone et ses affluents, ou dans des lodges en forêt. 
D'ores et déjà, c'est une ville qui bénéficie de l'élan brésilien, dans laquelle se joueront 6 matches  de la prochaine coupe du monde..
On souhaite bon courage au Portugal, à l'Italie et à la Suisse qui joueront dans cette étuve... et certainement sous la pluie! Pour l'instant la France est épargnée..
On se retrouve bientôt, selon la connexion, à Salvador de Bahia!

2 commentaires:

  1. Rien que l'idée de rencontrer un serpent me fait frissonner!! Le lodge avait l'air très sympa...
    bisous à vous 2

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  2. Tout simplement superbe ! Comme tu le dis si bien, c'est un milieu hostile mais tellement sublime! j'adore! gros bisous!

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